Le rapport du 1er Congrès régional africain contre la peine de mort est sorti !

L’abolition de la peine de mort en Afrique n’est ni un rêve, ni une utopie, ni une chimère. Mais, bien au contraire, une réalité qui prend chaque jour un peu plus forme. En effet, de nouvelles initiatives et dynamiques se font jour sur le continent africain. Depuis le dernier congrès mondial, à Oslo en 2016, le Congo et la Guinée ont aboli la peine capitale, le Kenya a commué plus de 2 740 condamnations à mort (dont celles de 92 femmes) puis a aboli la peine de mort obligatoire, le Bénin a commué les peines des 14 derniers condamnés à mort du pays en complétant un processus d’abolition entamé depuis 2012, le Burkina Faso a lancé un processus de constitutionnalisation de l’abolition, la Gambie et le Zimbabwe ont annoncé vouloir l’abolir et ont décrété très officiellement un moratoire sur les exécutions, le vote à l’Assemblée générale des Nations unies pour la Résolution moratoire a réuni, en 2016, de nouveaux soutiens encore, avec les votes positifs du Malawi, de la Namibie et du Swaziland.

Le Congrès régional africain a l’ambition d’en être le catalyseur. Nous souhaitons rappeler les engagements des États et des gouvernements africains afin d’aller de l’avant, encore et encore, vers une abolition définitive. Ce qui pourra nous permettre de décréter, un jour, un continent totalement libéré de la peine de mort.

Il s’agit maintenant d’y croire. Un proverbe africain dit : « Si tu veux aller vite, marche seul. Mais si tu veux aller loin, marchons ensemble »… contre la peine de mort !

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Les objectifs du Congrès :

  • Suivre les engagements politiques du congrès d’Oslo et favoriser encore plus d’engagements de leaders politiques africains : la présence aujourd’hui des hautes personnalités et les messages des nombreuses autres personnes qui n’ont pu être présentes mais qui nous ont exprimé leur enthousiasme vis-à-vis du congrès en sont les meilleurs exemples.
  • Dégager les grandes problématiques de la région et développer des argumentaires spécifiques, et notamment celle, si prégnante en Afrique, de savoir comment passer d’une situation de moratoire (parfois depuis plus de vingt ans) à une abolition en droit ? Aujourd’hui, plus rien ne doit empêcher les gouvernements d’abolir, surtout pas les opinions publiques qui, d’ailleurs, d’après plusieurs sondages effectués ces derniers temps (notamment au Kenya), soutiennent de moins en moins la peine de mort comme sentence pénale.
  • Favoriser le dialogue, l’action collective et l’émergence d’initiatives des acteurs eux-mêmes. Cela se fait au coeur de notre action quotidienne et nous appelons tous ceux qui le veulent à nous rejoindre et à travailler avec nous sur des projets communs.
  • Appuyer les instruments internationaux que sont la Résolution moratoire à l’Assemblée générale des Nations unies et le Protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples portant sur l’abolition de la peine de mort.
  • Préparer la prochaine journée mondiale, le 10 octobre 2018, consacrée aux conditions de détention des condamnés à mort : ce sera d’ailleurs la thématique de la séance plénière lors de notre seconde journée de débat, demain matin.

Il est pour nous également une mission importante des congrès : mettre en lumière les voix de l’abolition !

La présence aujourd’hui de nombreux témoins de la peine de mort : Susan Kigula d’Ouganda, Rafiou Adjama du Bénin, Pete Ouko du Kenya, Arthur Judah Angel du Nigeria ou Ndume Olatushani des États-Unis seront autant de voix qui percent le brouillard, autant de sources d’inspiration pour nos travaux.

D’autres voix émergent également : celles des artistes qui font résonner au-delà des enceintes académiques et militantes la voix de l’abolition. Je tiens à saluer ici le soutien artistique et militant de Kajeem, chanteur très populaire en Côte d’Ivoire, et Bee Joe, slameur et poète, en compagnie du collectif « Au nom du slam ».

 

Le Congrès régional a été organisé avec le soutien de :

Les parrains : la Norvège, la Belgique et l’Union européenne
Les partenaires : la France, l’Organisation internationale de la francophonie, l’Institut français, l’ambassade de Suisse et la fondation Friedrich-Naumann.